Deux-Sept Média
Un média local qui possède sa plateforme, ses données et son outil éditorial. Headless, hébergé sur des serveurs du département, sans dépendance aux CMS loués au mois.

Un site éditorial tenu par une vraie rédaction, sans CMS loué, sans tracking tiers, sans dépendance à une boîte noire hébergée à l'autre bout du monde. L'objectif de départ était simple : construire un média qui puisse tenir dix ans sans qu'on ait à tout redévelopper tous les trois ans.
Un média qui s'appartient
Le Département de l'Eure voulait un média local qui lui ressemble. Quelque chose d'ancré dans le territoire, lisible, qui n'avait pas l'air d'avoir été coulé dans le même moule que cinquante autres sites de presse régionale. Et surtout, quelque chose dont il soit propriétaire. Pas un abonnement mensuel à un CMS qui peut fermer du jour au lendemain, changer de tarif, ou décider que votre plan ne couvre plus telle fonctionnalité.
C'est la question de la souveraineté qui a cadré tout le reste. Les données éditoriales, les archives, les images, le code qui fait tourner tout ça : rien de tout ça ne devait dépendre d'un tiers. J'ai cadré l'architecture, modélisé le contenu dans Directus, construit le front Nuxt et accompagné l'équipe rédactionnelle sur la prise en main de l'outil.
L'enjeu : deux métiers à servir, et ne pas les confondre
Un média numérique, c'est deux usages qui ne se ressemblent pas. La rédaction publie chaque jour : articles, vidéos, dossiers, agenda. Elle a besoin d'une interface qui ne lui demande pas de comprendre comment une base de données relationnelle est structurée pour modifier un titre. Le lecteur, lui, arrive de Google ou d'un partage réseau, il a deux secondes d'attention, et si la page met du temps à charger ou si le SEO est raté, il ne reviendra pas.
La tentation classique est de chercher un seul outil qui prétend tout faire. C'est rarement vrai.
L'approche technique : tout en propre, du sol au plafond
L'architecture headless s'est imposée depuis ce constat : le front lecteur et le back éditorial n'ont pas les mêmes contraintes, alors on ne les mélange pas. Nuxt gère le rendu SSR et le SEO côté lecture. Les pages sont générées côté serveur, lisibles par les moteurs, rapides sur mobile. Directus gère le back-office et la médiathèque côté rédaction. Les journalistes ont une interface claire, les champs sont logiques, et l'API fournie nativement alimente le front sans qu'on ait à écrire une ligne de plomberie de plus.
Côté images, le pipeline de transformation à la volée de Directus fait tout le boulot : redimensionnement, conversion WebP, qualité adaptative. Les rédacteurs uploadent une photo, le front s'occupe du reste. Ça évite la dérive classique où la médiathèque finit remplie de trois versions flottantes du même fichier.
Réalisations techniques :
- Architecture headless Nuxt + Directus pilotée via API
- Modélisation complète du contenu éditorial (articles, vidéos, dossiers, agenda, rubriques)
- Pipeline d'images optimisées servies en WebP avec tailles multiples
- Accessibilité et sémantique HTML propres dès le départ
- Formation et accompagnement de l'équipe rédactionnelle
Ce qui dure, c'est ce qu'on possède
Ce n'est pas le projet le plus spectaculaire sur lequel j'ai bossé, et je crois que c'est justement ce qui me plaît. Un média public, ça se juge sur sa capacité à durer, pas sur l'effet "waouh" du premier clic. Dix ans, c'est court pour une institution publique. Il faut que l'outil suive sans qu'on ait à recontacter l'éditeur du CMS pour demander la permission d'exporter ses propres données.
La souveraineté éditoriale, ce n'est pas un argument de vente. C'est une condition de survie à l'échelle d'un mandat. Celui-ci, je pense, suivra.
Architecture
La stack, expliquée.
Nuxt
Front SSR, SEO, rendu performant côté lecteur
Directus
CMS headless et médiathèque côté rédaction
PostgreSQL
Base de données relationnelle, propriété du département